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Lancement difficile pour le petro au Venezuela

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En pleine crise économique, le Venezuela a depuis cette année décidé de lancer sa propre monnaie numérique : le petro (PTR). Comme son nom l'indique, ce dernier verra sa valeur adossée aux réserves pétrolières du pays. Le lancement officiel, qui aura lieu prochainement, a pour but de remédier à l'hyperinflation que connaît actuellement la monnaie nationale.

La crise économique qui touche le Venezuela résulte de la politique socialiste du gouvernement menée depuis 20 ans par par Hugo Chávez et par son successeur, Nicolás Maduro. La situation est critique : les pénuries se multiplient, la population souffre de la faim, le chômage croît et l'insécurité explose. De plus, le pays subit une hyperinflation, c'est-à-dire une hausse des prix extrêmement rapide qui érode le pouvoir d'achat de la monnaie nationale, le bolívar. Selon une estimation récente, l'inflation annuelle atteindrait aujourd'hui les 500 000 %.

Face à cette situation, les cryptomonnaies rencontrent un franc succès. Même si leur usage reste largement spéculatif, les Vénézuéliens peuvent s'en servir comme valeur refuge pour échapper à leur monnaie défaillante. Certaines cryptomonnaies semblent aussi servir de moyen d'échange : c'est le cas de Dash à Caracas et à Maracay qui est adopté par près de 2000 commerçants.

Profitant de l'engouement créé par la dernière hausse du prix des cryptomonnaies, le président Nicolás Maduro a annoncé en décembre 2017 que le gouvernement se chargerait de créer une monnaie numérique nationale, le fameux petro. Celle-ci, dont la valeur est supposée dépendre du prix du baril de pétrole, sera utilisée par les Vénézuéliens pour payer leurs impôts, régler leurs amendes ou pour acheter de l'essence. Dernière nouvelle en date : l'obtention d'un passeport se fera obligatoirement par son intermédiaire pour les Vénézuéliens qui chechent à fuir le pays. De plus, le nouveau bolívar souverain, mis en circulation le 20 août dernier, verra sa valeur indexée sur celle du petro. Le petro a donc pour but de remédier aux problèmes d'inflation du pays.

Cependant, le lancement du petro a tout l'air d'un cafouillage. Après avoir publié un premier livre blanc en janvier qui annonçait que la création d'un jeton ERC-20 sur la blockchain d'Ethereum, le gouvernement avait finalement décidé de lancer le jeton sur la plateforme NEM. Une prévente privée avait eu lieu mais cette première tentative avait été un échec.

Un second livre blanc a été publié plus récemment, révélant quelques modifications par rapport à la première version, notamment le fait que le petro aura sa propre blockchain. Ce qui est frappant est que le fonctionnement décrit rappelle fortement celui de Dash : il se repose sur la même fonction de hachage et le même algorithme de consensus, autorise les paiements instantanés (Instant Send) et fait intervenir des masternodes. Certains schémas sont même directement repris de la documentation de Dash ! Cette cryptomonnaie ferait-elle tant parler d'elle au point d'inspirer les équipes de développement du petro ?

Toujours est-il que la blockchain a effectivement été lancée ce mois-ci, si l'on en croit l'explorateur de blocs officiel. Le premier bloc aurait été miné le 3 octobre 2018 et 100 000 000 PTR auraient été créés dès le second bloc. Les inscriptions pour la prévente ont officiellement commencé hier et cette dernière devrait avoir lieu en novembre.

Le succès du petro est incertain quand on connaît la méfiance de la population à l'égard de son gouvernement. Rappelons que l'intérêt d'une cryptomonnaie est qu'elle échappe au contrôle d'une entité unique : le petro sera-t-il une réelle cryptomonnaie ou s'agira-t-il simplement d'une façade qui cache un contrôle gouvernemental total ?

Le Venezuela souhaite que sa nouvelle monnaie numérique soit utilisée à l'international, notamment en attirant les investisseurs étrangers. Mais il est probable que cela marche pas : rien qu'aux États-Unis, des sénateurs font déjà pression pour rendre l'achat du petro illégal.

 

Ludovic L.

Modifié par lugaxker

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